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Un millier d'enseignants du primaire ont manifesté vendredi à Paris, parallèlement à une grève, pour réclamer "la fin des arrestations aux abords des écoles" et signifier leur colère au rectorat et aux ministères de l'Education et de l'Intérieur après "l'affaire Rampal".
Le cortège comptait "plus de 2.000 personnes" selon les organisateurs, un millier selon la police.
Une dizaine de parents d'élèves des écoles Rampal-Lassalle "en colère" selon leur banderole, marchaient en tête de la manifestation à l'appel des syndicats du primaire (SNUipp-FSU, SE-Unsa, Sgen-CFDT, Sud-Education, Snudi-FO et CNT), du Réseau éducation sans frontières (RESF) et de la FCPE (parents d'élèves).
La directrice de l'école Rampal, Valérie Boukobza, placée en garde à vue pendant sept heures le 23 mars pour "outrage et dégradation de biens matériels" après avoir protesté contre l'arrestation d'un Chinois sans-papiers venu chercher son petit-fils à la sortie des classes, "a eu une conduite exemplaire", a déclaré une mère d'élève de l'école Rampal. "Nous lui manifestons notre soutien, nous étions là pour défendre la loi, on était du bon côté".
"Les enseignants sous pression, les familles en rétention, Etat policier, on n'en veut pas de cette société-là", scandaient les collègues de Mme Boukobza, dont beaucoup portaient des T-shirts appelant à "entrer en résistance". "Oui à des contrôles de maths, non à des contrôles d'identité à l'école", proclamait une pancarte.
"On n'a jamais vu cela depuis l'Occupation quand les nazis ou les policiers français de Vichy venaient chercher les enfants juifs et leurs parents dans les écoles", s'écrie une directrice d'école quinquagénaire, les larmes aux yeux.
"Ca commence devant les écoles, ensuite la police ira pourchasser des sans-papiers à l'intérieur de nos classes et pourquoi pas dans les hôpitaux... On glisse vers une dictature", renchérit Elise, jeune enseignante au visage grave.
Une délégation des manifestants, partis de Sèvres-Babylone (VIIe) et soutenus par des lycéens de la Fidl et de l'UNL, des étudiants de l'Unef et le 9ème collectif des sans-papiers, a été reçue au ministère de l'Education rue de Grenelle.
"Nous réclamons des garanties pour que dans l'avenir plus aucun collègue inquiété dans l'exercice de ses missions ne se voit opposer (par le rectorat) une fin de non recevoir pour la mise en place de la protection juridique", a expliqué Nicolas Wallet (Snuipp-FSU).
L'abandon des poursuites administratives et judiciaires contre la directrice avait été annoncé jeudi sans remettre en cause la manifestation et la grève, suivie par 17,5 % des enseignants selon le rectorat. Un pourcentage "sous-estimé", selon M. Wallet, qui assure qu'aucun cours n'a été assuré dans 80 des 660 écoles parisiennes.
"Nous demandons au ministre de l'Education qu'il s'engage à intervenir auprès de son collègue de l'Intérieur afin que plus aucune arrestation n'ait lieu aux abords des écoles", a-t-il expliqué.
Dans un communiqué, Mme Boukobza s'est déclarée "convaincue, à la suite de cette épreuve, que l'action éducative de tous les adultes d'une communauté scolaire se prolonge au-delà de l'école".
"Une de nos premières missions est d'aider les élèves à se construire dans le sentiment d'appartenance à un destin commun, fondé sur les valeurs républicaines", a insisté la directrice.
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# Posté le jeudi 26 avril 2007 10:40

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